I2S en Concert le 27/12/2018 au Zebre de Belleville !

18 décembre 2018 Article lu 2149 fois
I2S en Concert le 27/12/2018 au Zebre de Belleville !

Issa, alias I2S, décrit son rap harmonieux en évoquant la réaction encourageante des potes de son quartier et de ses parents à l’égard de ses créations, reprenant un verbe jailli dans les années 1980 dans l’argot des jeunes déscolarisés des rues d’Abidjan, Côte d’Ivoire, s’enjailler: s’amuser, prendre du plaisir, kiffer…
« Pour moi, la musique, c’est je kiffe d’abord ; l’argent, c’est après », dit I2S aujourd’hui pour expliquer son rap, lui, qui est arrivé à reculons dans le hip hop. Un rap de Paris, né dans son XXe arrondissement natal, rue Piat,artère populaire,colorée donc, qui relie la rue des Pyrénées et le reposant parc de Belleville. Là où Issa a grandi dans une famille originaire de Guinée-Conakry.
Sa vocation, ses textes ont germé dans une association de soutien scolaire près de chez lui. « Quand j’étais petit, je foutais trop la merde à l’école, un perturbateur », reconnaît-il. I2S se souvient de ses premiers pas dans le hip hop : « Dans le truc de devoir scolaire, il y avait une meuf qui faisait du rap. Elle me disait “Issa, viens ; on va créer un atelier d’écriture ; ça va te faire du bien”. Je répondais à chaque fois “ non, non, ça ne m’intéresse pas”. Elle m’a forcé. Et on a fait l’atelier ». Issa (Jésus, en arabe) en bavait pour écrire. Il n’y arrivait pas : « C’était dur. Il fallait avoir les mots, avoir de l’inspi ». Inspiration qui finira par arriver grâce au soutien persistant de «la meuf», comme le raconte maintenant Issa, 21 ans en octobre 2017 : « Elle me forçait, “ si, tu peux le faire”. Elle m’a aidé à écrire mon premier texte. On est parti enregistrer au studio de l’association. C’est là, au studio, où je me suis mis à la musique. Je kiffais ça. J’avais dix ans ».
Plus ou moins fâché avec la scolarité, Issa arrive en terminale professionnelle : « J’ai trop changé d’école. J’étais en comptabilité, puis pâtisserie, après ils m’ont viré. J’ai fini en bac restauration. Cela ne m’a servi à rien ».
Il écoute beaucoup DJ Arafat, Debordo Leekunfa, les rois du coupé-décalé, le style ivoirien créé au début des années 2000, des chanteurs nigérians mêlant rap et afrobeat, Sexion d’Assaut et son leader Maître Gims.
Issa forme avec des potes du quartier (« nous avons grandi ensemble») son premier groupe 20e SYIN, initiales des prénoms de la formation qui donnera par la suite Blv Mafia, Blv pour Belleville, en appelant leur style « pour nous ». Groupe qui balance ses premiers clips sur les réseaux sociaux. « Les gens kiffaient », déclare Issa qui chante : « J’ai maillé-maillé pour nous/J’ai bataillé-taillé pour nous/ Et tu t’es taillée-taillée du jour au lendemain ».
Parallèlement, il écrit de son côté : « Dès que j’avais une inspi, je la posais en studio. C’est comme, ça que j’ai fait mon premier son en solo avec un rythme afro. Je l’ai appelé thug style. C’est- à-dire le mode de vie des jeunes de la street, de la ure ». La rue, première inspiration de Issa qui en mars 2017 reçoit un bon coup de pouce en assurant en Guinée la première partie de MHD.