Booba parle de sa fille : Si à 12 ans, elle veut écouter l’album de Kaaris, je trouverais ça limite !

12 avril 2015 Article lu 23181 fois
Booba parle de sa fille : Si à 12 ans, elle veut écouter l’album de Kaaris, je trouverais ça limite !

Dans une interview accordée à Metronews.fr Booba a parlé de sa jeune fille Luna et de l’éducation qu’il comptait lui donner.

C’est l’évolution naturelle des clashs d’être aussi sur les réseaux sociaux ?
Ça fait parler, c’est important. Les clashs ne sont pas un argument marketing, c’est sincère. Quand je clashe quelqu’un, c’est que je ne l’aime pas pour de vrai. Les clashs sont là, je suis dedans. Le clash n’a jamais été fabriqué pour devenir un argument de promo. On est tenté de le penser mais il faut connaître l’histoire. Rohff fait une émission à Skyrock et m’insulte ouvertement en direct à la radio. On va pas se laisser marcher dessus. Il n’y a que ma mère qui peut me marcher dessus car le paradis est sous ses pieds. Je peux pas me laisser insulter gratuitement sans réponse quand même.

Et vend-on plus d’albums quand on clashe ?
C’est à double tranchant. On vend plus ou on vend moins. Si on perd le clash, on vend moins. Dans ces histoires, mon nom a tendance à sortir, parce que c’est moi contre plusieurs personnes et que je ne lâche jamais l’affaire. Mais en vérité, je ne suis pas déclencheur de tous ces clashs. Je suis une cible, je les alimente et j’essaye de les mener à bout pour gagner.

Le principe du clash c’est deux boxeurs de fédérations différentes. Moi, je boxe dans ma fédération, j’ai ma ceinture, mes combats. Rohff a sa ceinture, sa voie. Soprano, pareil. Maintenant, tu te dis ‘Tiens, je vais aller prendre sa ceinture’. Tu te mets donc dans la compétition, il y a un combat. A la fin, il y a un gagnant et un perdant. Aujourd’hui, Rohff, la Fouine et Kaaris ne vendent plus comme avant.

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N’est-ce pas problématique d’en arriver à certaines extrémités dont l’agression d’un jeune vendeur dans l’une des boutiques Unküt ?
C’est Rohff qui y laisse des plumes. Je suis pas responsable de ces actes. Ça ne me dérange pas que cela soit allé aussi loin. Ce qui me dérange, c’est qu’ils aient sauté sur un innocent qui n’avait rien à voir avec ces histoires. C’est de la lâcheté. Je ne regrette pas le clash, je l’assume complètement. Quand il pleut, on se mouille. Si demain on me tend un guet-apens parce que je suis en clash avec untel ou untel et que je me fais tabasser ou tirer dessus, je ne peux pas pleurer. J’assume. La rue, je connais. J’ai vécu pire avant eux, c’est la routine en quelque sorte. Les embrouilles, ça fait partie du quotidien mais j’en ai vu d’autres.

N’est-ce pas un peu fatiguant, cette ambiance de clash ?
Je sais pas : dans les favelas, ils s’entretuent et font la fête en strings tranquilles… Quand on est habitué et que cela fait partie du quotidien, on fait avec. À Gaza pendant les bombardements, les gens allaient toujours acheter du pain.

Vous êtes désormais papa. Voudriez vous que vos enfants écoutent vos albums ?
Est-ce que Quentin Tarantino voudrait que ses enfants regardent Pulp Fiction ? C’est pareil. Mon rôle de parent c’est de surveiller le “parental advisory”, de vérifier ce que ma fille écoute. Même si c’est pas mes saloperies, il faut leur expliquer. Je ne ferais pas de rap, je devrais quand même leur expliquer certaines choses. Mon rôle c’est de lui interdire d’écouter des choses nuisibles comme les miennes.

Si ma fille n’écoute pas mes saloperies, elle pourra écouter celles d’un autre. Je ne fais pas ma musique en fonction de mes enfants ou de la jeunesse. Je ne cherche pas à être un exemple, sinon je ne suis plus moi-même. Si à 12 ans, elle veut écouter l’album de Kaaris, je trouverais ça limite. À 18 ans, elle fera ce qu’elle voudra. C’est ça la liberté. Il faut les éduquer, les aiguiller mais quand ils sont grands, ils font leur choix. Je peux pas l’empêcher d’écouter du Kaaris si elle a 18 ans. Comme je ne peux pas l’empêcher de voir Pulp Fiction, si elle est majeure.

Vous savez, les infos et le cinéma, c’est pire que ce que je dis dans mes textes. Depuis quelques mois, c’est sérieux. Il y a eu l’attentat de Boston, les collégiennes prises en otages par Boko Haram, il y a eu beaucoup de choses… C’est la vie. C’est des combats, des guerres, des embrouilles, des divergences de religions et de compréhension. Je comprends “Je suis Charlie” et “Je ne suis pas Charlie”. Je suis juste spectateur. Pour moi, l’esclavage et la Shoah, c’est mille fois pire que ce qui se passe maintenant. Dire que ça empire, c’est relatif. Ce que fait Boko Haram, raser des villes, des villages, ça se faisait déjà avant.

Source : http://www.metronews.fr/culture/booba-avant-la-sortie-de-d-u-c-il-n-y-a-que-ma-mere-qui-peut-me-marcher-dessus/modi!HMtcaKKPBh8UY/


Booba montre le caractère déjà bien nerveux de… par sinoxprod