Booba : Je ne peux pas faire ce que fait Maître Gims ! (INTERVIEW)

14 août 2014 Article lu 22 899 fois
Booba : Je ne peux pas faire ce que fait Maître Gims ! (INTERVIEW)

Le rappeur Booba était, avec l’américain Future et les Guyanais Lesnah et Pompis, la tête d’affiche du dernier « Summer Dance Battle », au stade Georges-Chaumet (ex-Baduel). Interview publiée dans notre TV Magazine du 9 août.

L’annulation de votre venue en mai 2013 à la dernière minute avait fait polémique ici. Quel message voulez-vous faire passer aux Guyanais ?

Simplement leur dire que des choses fausses ont été dites, c’était juste des problèmes d’organisation. J’en suis désolé et j’ai hâte de enfin pouvoir venir en Guyane pour la première fois (l’interview a été réalisé avant l’événement). C’est le seul « endroit noir » où on parle français ou je ne suis pas encore allé. Je suis déjà allé aux Antilles, à la Réunion, en Afrique de l’Ouest… Il me restait la Guyane.

Avez-vous été surpris d’être invité à un événement dont le thème est la lutte contre la violence ?

Non. Que ce soit un concert contre la violence ou pour le caramel (ndlr : l’argent) je serait venu (rires). Parce que j’ai envie de venir en Guyane et que je sais qu’on a beaucoup de fans ici. Si en plus on vient pour quelque chose de positif, c’est encore mieux.

Un concert de Booba, ça se passe comment ?

Un concert de Booba, c’est comme une grosse soirée qui se passe bien : il y a du monde : des mecs, des meufs et de la bonne humeur !

Vous travaillez actuellement sur votre prochain album ?

Oui, il devrait sortir à la fin de l’année ou début 2015. Il y a déjà deux extraits qui sont sortis : « OKLM » et « 3G ».

De quoi va parler cet album ?

De tout, de moi. Je ne peux pas vraiment en dire plus pour l’instant. Ce sera la surprise. La musique, ça s’écoute plus que ça ne s’explique.

Votre style est totalement différent aujourd’hui de l’époque de vos débuts avec Lunatic…

C’est normal, Il faut évoluer. Si je rappais encore comme en 90, j’aurais un problème. Comme si la nouvelle Ferrarri était la même que celle de l’an 2000, personne ne l’acheterai… Et puis j’évolue aussi avec la musique, les nouveaux producteurs. Je reste pas bloqué sur un style, je travaille au feeling.

Sur vos derniers titres, on remarque que vous chantez de plus en plus

C’est l’évolution technologique qui permet ça. J’utilise des logiciels comme Autotune, que j’apprécie. Quand il s’agit de musique, je fais ce que je sens, je ne me casse pas la tête.

Maître Gims, qui fait un autre style de rap que vous, presque « pop », est le rappeur qui vend le plus aujourd’hui en France. Allez-vous emprunter ce chemin dans le futur ?

Non, je ne pense pas. Je ne suis pas capable de faire ce que fait Maître Gims et il n’est pas capable de faire ce que je fais. Je resterai du côté hardcore du rap. Tarantino restera toujours Tarantino. Pareil pour Booba.

Votre marque Unküt fonctionne très bien. Comment allez-vous la faire perdurer, lorsqu’on sait que les marques de street wear ont du mal à durer dans le temps ?

Pour moi, Unküt n’est pas une marque de street wear mais une marque de vêtement « urbain ». On sort régulièrement de nouveaux modèles, en innovant et sans négliger la qualité. Ca demande beaucoup de travail. C’est la créativité qui fera la marque perdurer, comme pour la musique.

Bientôt une boutique en Guyane ?

Pourquoi pas ? Ce serait intéressant. Il y en a d’ailleurs bientôt deux qui vont ouvrir en Martinique et en Guadeloupe.

Quel est votre sport préféré ?

La boxe-thaï. J’en faisais assez sérieusement à un moment et je m’entraîne toujours régulièrement.

Vous faîtes des compétitions ?

Non j’en fais par plaisir. Les sports de combat, ce n’est pas un jeu.